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Présentation: Skins


Présentation : Skins

Créée par: Jamie Brittain & Bryan Elsley
Pays: UK
Date: 2007 - ?
Avec: Nicholas Hoult, Mike Bailey, Hannah Murray,…

     Aucun doute qu’aujourd’hui vous avez tous entendu parlé de Skins, et j’aurais pu parler d’une série moins connue mais il y a là une série qui vaut quand même la peine d’en parler, et cela même si ces derniers temps elle a beaucoup perdu d’un point de vue qualitatif.

     Je pense effectivement que cela fait quelques années qu’on avait pas eu une série aussi juste sur l’adolescence (depuis Freaks & Geeks). Alors certes c’est beaucoup de sexe, drogues et rock’n’roll mais sous cette couche apparemment festive se cache la vie : problèmes de familles, relations affectives et autres. Car c’est bien ceci Skins, c’est la vie adolescente d’une meilleur façon qu’elle n’a jamais été représenté (loin des clichés de jeunesse que l’on voit dans Gossip Girl, The Secret Life of an American Teenager ou encore 90210).

     On oublie le glamour de Londres et on situe le tout dans une ville anglaise ce qu’il a de plus étudiante et où est naît le trip hop (dont la BO se trouve comblée), Bristol. Vous prenez une bande d’amis, composez de têtes plus ou moins fortes, et vous les suivez dans leurs vies quotidiennes, saupoudrez le tout de dialogues justes et d’acteurs convaincants. Rien d’original en apparence ? Et bien, justement, quand est-ce que la télévision a été si près du réel ? Bien sûr, il leur arrive tellement de choses qu’on peut se mettre à douter, mais il s’agit surtout là d’astuces scénaristiques et de résultats d’audiences.  De plus, on admire que les acteurs ne soient pas tous beaux et parfaits incarnés par des acteurs dans la vingtaine, mais bien par des acteurs ayant l’âge de leurs personnages. On aime également la façon qu’à la série de se détacher de tous les stéréotypes de l’adolescence (enfin, cela reste à nuancer avec la saison 3), plus près d’une jeunesse à la Larry Clark (influence assumée par les auteurs) qui se veut réaliste et désuète face à l’avenir qui s’annonce pour eux. De plus, durant la première saison, la série ne montre que très peu les parents, comme dans Paranoid Park de Gus Van Sant : nous savons qu’ils sont là, mais ils sont flous, légèrement absent, ils ont évidemment causés de violents impacts sur leurs enfants mais sont incapables de s’en rendre compte (les parents de Cassie par exemple, on les voit, mais ils sont incapables de réaliser le mal-être de leur fille), façon de montrer qu’il est facile de faire croire aux parents un bonheur inexistant à un âge où l’on cherche à se séparer de l’étreinte familial, comme pour prouver que nous ne nous résumons pas simplement à notre famille.

     La série trouve sa force dans sa façon de traiter les personnages, chaque épisode étant centré sur l’un d’eux, cela permet de les connaître en profondeur. La série change également de casting tout les deux ans (à raison de ne pas vouloir les suivre à l’université, choix intelligent car la crédibilité aurait été perdu s’ils étaient tous rester à Bristol).



Génération 1 : saisons 1 et 2


     On commence par suivre Tony, petit con insipide se prenant pour un grand gourou indestructible et manipulateur, qui aura besoin de se prendre des coups de pieds au cul pour comprendre que la vie ne résume pas à faire souffrir les autres en toute impunité. Il sort avec Michelle, d’une superficialité exemplaire dans un premier temps, mais qui se révèle très vite être bien plus que ça, bien qu’un peu trop gouvernée par ses hormones. Il y a aussi Sid, l’ado mal dans sa peau typique : baggy, bonnet noir, bordélique, incapable de voir ce qui se passe sous ses yeux, amoureux transi d’une fille qui n’est pas pour lui (on a tous connu des gens comme lui au lycée). Cassie est une jeune fille anorexique, le mal-être même de ces jeunes adolescentes qui passent trop de temps à regarder les publicités autour d’elle, mais qui s’invente un peu trop de problèmes, et qui je pense, aime être mal. Chris c’est le je-m’en-foutiste par exemple en apparence : les cours n’ont que vraiment peu d’importance, et il aime juste faire la fête et fumer des joints, mais bien évidemment s’il agit de cette façon, il y a une raison derrière. Maxxie est gay, mais booyah, aucun cliché qu’on a tant l’habitude de voir chez les américains ne naissent avec ce personnage : il est gay, il l’assume, ses potes le savent et tout le monde l’accepte sans venir chercher des noises (bien loin des clichés tels que « je suis gay mais je m’assume » « comment mon fils peut-il être gay ? mais de toute façon je finirais par l’aimer quand même à la fin de l’épisode ») ; c’est sans conteste un des personnages les mieux réfléchis du petit écran de ces dernières années. Jal est musicienne, et on se demande un peu à quoi elle sert avant la saison 2, durant laquelle elle s’affirme magnifiquement bien. Reste Anwar, sûrement le moins exploité de toute la série, qui est musulman, mais un mauvais dans le genre tant il se drogue et pense au sexe.



Génération 2 : saisons 3 et 4


     Les choses se corsent avec cette génération. On efface toutes les belles choses que l’on avait crées auparavant, et on va à fond dans le cliché. On prend des gays qui ne s’assument pas, on met un bal de promo (vraiment, était-ce bien utile ?), à chaque épisode tout le monde couche avec tout le monde, on reprend les mêmes intrigues que durant les 2 premières saisons, on prend des personnages creux qui font une amitié bancal et le charme est rompu. Bonjour les clichés, adieu la qualité. C’est dommage et triste, le show promettait tellement de choses.
(Reste cependant, le troisième épisode de la saison 4, qui renoue avec ce qu’à pu être le show de façon sublime, d’autant plus étonnant que c’est sur le personnage d’on on aurait rien parié).



     La télévision a besoin de plus de teen shows de ce genre là. Pour ma part cela m’intéresse peu de suivre des gosses de riches sur les côtes californiennes, je n’y trouve rien d’attachant ou un reflet de la réalité, je pense que c’est seulement l’idée d’entretenir le rêve américain de jeunes filles de 14 ans, bien aux antipodes de Skins, qui n’est pas une série aussi choquante que veut bien nous le faire croire les médias bien pensants (tentez l’expérience : montrez la série à vos parents, vous serez surpris, ils riront, s’émouvront, mais ne criront pas au scandale du « oh non ma fille/mon fils, ne me dis pas que tu fais pareil de ta vie ? »). Lâchez la CW, partez regarder ce qui se fait outre-manche, vous ne serez pas déçu (en plus, à raison de scénarios divins, la réalisation ne se contente pas de maudits champs/contrechamps comme savent si bien les networks américains).
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